La harpe, c’est doux, c’est joli, c’est apaisant.
Oui, c’est vrai.
Mais ce n’est pas que ça.
Elle est aussi majestueuse.
Elle peut être percussive.
Très expressive.
Surtout, elle bouge. Elle est vivante. Elle est moderne.
On peut y mettre des effets, des textures, du rythme, du son.
Elle peut être beaucoup plus puissante qu’on l’imagine, même plus qu’une guitare électrique, si on l’utilise avec du goût.Et ce goût vient de tout ce qu’on a écouté, de tout ce qu’on a vécu.La harpe ne sert pas seulement à apaiser.
Elle peut réveiller et faire danser.
Elle peut vous faire chanter.
Pour moi, la harpe est joyeuse, vivante.
Et surtout, elle est libre.
Improviser, c’est là que tout change.
Il y a quand même une première part : techniquement, il faut être à l’aise.
Il faut connaître le morceau, se sentir libre dedans.
Parce qu’il y a des millions de façons de jouer une mélodie.
Une même mélodie, selon le moment, peut être tendre… ou énervée.
Et c’est là que ça devient libérateur.
Le moment te permet de t’exprimer vraiment.
La liberté, elle est là.
Elle se manifeste aussi dans l’harmonie.
Parfois, je change des couleurs, des directions.
Et rythmiquement aussi, le travail devient très intéressant. J’aime explorer la musique comme ça.
En trio, j’ai cette possibilité.
Avec la basse et la batterie, on construit ensemble.
La harpe reste l’instrument harmonique, donc je peux proposer, déplacer, ouvrir.
C’est très chouette.
C’est exactement ce que je développe avec le Milevska Trio.
Un espace où la harpe peut bouger, proposer, prendre sa place autrement.
On s’écoute beaucoup plus.
On prend des risques.
Des risques rythmiques, des placements différents.
Et là, ça devient presque un jeu.
Un terrain de jeu.
Un playground.
Comme un jardin d’enfant.
Souvent, après les concerts, les gens viennent me voir.
Et ils me disent toujours un peu la même chose.
“Je ne savais pas que la harpe pouvait sonner comme ça.”
“Je ne savais pas que la harpe pouvait porter le rythme comme ça.”
“Je ne savais pas que ça pouvait m’émouvoir comme ça.”
Parfois aussi :
“Vous m’avez réconcilié avec la harpe.”
Comme si, jusqu’à maintenant, la harpe ne leur parlait pas vraiment.
Comme si elle restait à distance.
Et là, tout à coup, ça devient proche.
Ça devient vivant.
C’est peut-être ça, au fond.
Pas transformer la harpe, plus tot changer la manière dont on l’écoute.
La faire sortir d’une image figée.
La remettre en mouvement.
Pour moi, la harpe n’est pas un instrument à part.
C’est un instrument d’aujourd’hui.
Un instrument qui peut être libre.
Qui peut bouger.
Qui peut surprendre.
Et surtout, un instrument qui peut encore dire quelque chose.


